Projet de cuisine haut de gamme : quels délais prévoir de la conception à la pose ?
Une fois un projet de cuisine techniquement figé, il faut généralement compter 6 à 10 semaines pour la fabrication et la pose de l’agencement, selon le fabricant, les matériaux retenus et la complexité du projet.
Mais si votre objectif est de savoir quand commencer à réfléchir à votre cuisine, ce délai est trompeur.
Le calendrier réel commence bien avant la commande. Il comprend le temps nécessaire pour comprendre les usages, étudier plusieurs implantations, prendre certaines décisions architecturales, coordonner les plans techniques avec le chantier, attendre que le bâtiment soit suffisamment avancé pour effectuer un métré fiable, puis fabriquer et poser l’ensemble.
Dans un projet haut de gamme, vouloir raccourcir à tout prix cette première phase peut même être une erreur. Certaines décisions prises sur la cuisine déterminent la manière dont on habitera le logement pendant dix ou vingt ans.
Combien de temps faut-il réellement prévoir pour une cuisine haut de gamme ?
Il faut distinguer trois temps très différents.
Le temps de conception est variable. Il peut être relativement rapide lorsque le projet est simple et les orientations déjà claires. Il peut aussi durer plusieurs semaines ou plusieurs mois lorsqu'il faut tester différentes organisations de l'espace, faire évoluer le programme ou laisser mûrir certaines décisions.
Le temps de fabrication et de pose, une fois le projet définitivement validé et commandable, se situe généralement autour de 6 à 10 semaines, avec des variations selon les fabricants, les matières et la complexité de la réalisation.
Enfin, le calendrier du chantier détermine le moment auquel certaines cotes peuvent être définitivement prises et donc le moment auquel la fabrication peut réellement être lancée sans prendre de risques inutiles.
C'est pourquoi deux cuisines ayant exactement le même délai de fabrication peuvent avoir des calendriers de projet très différents.
Une cuisine haut de gamme se distingue aussi par cette anticipation : la qualité finale dépend autant des décisions prises avant la commande que des meubles eux-mêmes.
Dans le neuf, la cuisine commence parfois plus d'un an avant la remise des clés
Le cas du logement neuf est assez révélateur.
Il arrive fréquemment que le client commence réellement à penser à sa cuisine lorsqu'il reçoit une demande de son constructeur :
« Nous avons besoin des plans techniques de votre cuisine pour prévoir les incorporations électriques et sanitaires. »
La remise des clés peut pourtant être prévue plus d'un an plus tard.
La réaction est compréhensible : Pourquoi décider de ma cuisine maintenant alors que mon appartement ou ma maison est encore loin d'être terminé ?
Le problème est que les attentes du chantier et le rythme naturel de réflexion du client ne sont pas les mêmes.
Pour définir correctement les arrivées d'eau, évacuations, alimentations électriques, éclairages ou équipements, il faut déjà avoir pris des décisions importantes sur l'implantation.
Et ces décisions dépassent rapidement la cuisine.
Où positionner l'îlot ? Quelle relation avec la table ? Où commence réellement la salle à manger ? Quel recul conserver vers le séjour ? Faut-il un cellier ? Une cloison doit-elle rester exactement à cet endroit ?
Autrement dit, les plans techniques de la cuisine sont parfois demandés très tôt parce que la cuisine a déjà des conséquences sur le bâtiment.
En réalité, les flux et les volumes devraient être étudiés encore plus tôt
C'est précisément pour cette raison que nous considérons qu'un projet d'agencement devrait idéalement commencer avant même que le chantier ne vous oblige à prendre une décision.
La réflexion sur les flux, les volumes et les implantations peut avoir des conséquences sur les cloisons, les ouvertures, les réseaux techniques, les plafonds, les éclairages et parfois l'organisation générale du bâti.
Sur certains projets neufs pris suffisamment tôt, nous avons ainsi pu travailler avec le constructeur et les autres intervenants pour faire étudier des modifications de cloisons, voire de certains éléments structurels, parce qu'une autre organisation des espaces améliorait sensiblement le projet.
Quelques mois plus tard, ces mêmes modifications auraient pu devenir complexes, coûteuses, voire impossibles.
C'est l'un des intérêts d'une véritable réflexion de cuisine sur mesure à Annecy : partir de la manière d'habiter et de l'architecture avant de chercher à faire entrer une composition de meubles dans un volume déjà figé.
Le temps de réflexion n'est pas un retard dans le projet
Lorsque l'on parle de délais, on pense spontanément à réduire les temps d'attente.
Pourtant, il existe un délai que nous cherchons rarement à compresser : le temps dont le client a besoin pour assimiler le projet et prendre ses décisions.
Les clients arrivent naturellement avec des certitudes.
Elles viennent de leur logement actuel, de leurs habitudes, d'images qu'ils ont enregistrées, d'une cuisine qu'ils ont connue auparavant ou simplement d'une manière de vivre qu'ils n'ont jamais eu de raison de remettre en question.
Notre rôle n'est pas uniquement de traduire ces certitudes dans un dessin.
Il consiste aussi parfois à les challenger.
Pourquoi tenez-vous absolument à cet îlot ?
Pourquoi la table devrait-elle être ici ?
Pourquoi considérez-vous que cette partie de la pièce doit nécessairement être le salon ?
Pourquoi conserver cette circulation alors qu'elle condamne une partie du volume ?
Certaines réponses apparaissent immédiatement. D'autres demandent du temps.
Une cliente nous disait récemment :
« On préfère prendre le temps de réfléchir à tout en phase conception, quitte à envisager toutes les options. Une fois l'aménagement de la cuisine installé, nous voulons pouvoir y vivre sans nous poser de question et que tous les gestes du quotidien soient naturels. »
Au cours de cette réflexion, les volumes de sa cuisine ont profondément évolué. Mais la réflexion ne s'est pas arrêtée là : nous avons également proposé d'intervertir le séjour et la salle à manger.
Avant de figer le projet, les clients ont pu tester cette nouvelle organisation pendant plusieurs semaines dans leur logement.
Ce temps n'a pas retardé la conception.
Il en faisait partie.
Parce qu'une implantation n'est pas seulement un plan que l'on valide sur un écran : elle peut modifier durablement la manière de circuler, cuisiner, recevoir ou simplement vivre dans son intérieur.
À quel moment peut-on prendre les cotes définitives ?
Une autre difficulté apparaît au moment de passer de la conception à la fabrication.
Pour obtenir des agencements parfaitement ajustés, il est généralement préférable d'effectuer les métrés lorsque les éléments qui déterminent les dimensions finales sont terminés : cloisons, faux plafonds et revêtements de sol notamment.
Or ces ouvrages arrivent souvent assez tard dans le second œuvre.
C'est un paradoxe fréquent :
la cuisine a été conçue plusieurs mois auparavant, mais il faut attendre presque la fin du chantier pour disposer de toutes les dimensions définitives permettant de lancer une fabrication avec le niveau de précision attendu.
Le délai de fabrication peut alors naturellement déborder de quelques semaines par rapport à la fin des autres travaux.
Ce n'est pas nécessairement le signe d'un mauvais planning. C'est parfois le prix de la précision.
Et si la date d'emménagement ne permet pas d'attendre ?
Lorsque l'installation dans le logement est impérative à une date donnée, il est possible de travailler autrement.
Nous construisons alors un rétroplanning entre la date souhaitée de pose de la cuisine et l'avancement prévisionnel du chantier.
L'objectif est d'identifier le moment le plus tôt possible auquel certaines cotes peuvent raisonnablement être considérées comme fiables, même si tous les éléments de second œuvre ne sont pas encore totalement achevés.
Cette approche permet de lancer la fabrication plus tôt, mais elle doit rester maîtrisée.
Plus le métré est effectué en amont, plus il subsiste d'incertitudes dimensionnelles. Il faut donc arbitrer entre deux objectifs : sécuriser au maximum la précision finale ou gagner du temps sur le calendrier.
Il n'existe pas de réponse identique pour tous les projets.
C'est justement le rôle de la coordination entre conception, chantier et fabrication.
Le plan de travail peut ajouter 2 à 4 semaines après la pose de la cuisine
Le plan de travail constitue un autre point souvent oublié dans les rétroplannings.
Dans une organisation classique, notamment lorsqu'un marbrier intervient séparément, les meubles de cuisine sont d'abord installés.
Le marbrier vient ensuite relever précisément les dimensions, les équerrages et les aplombs sur la cuisine réellement posée.
C'est une excellente méthode pour obtenir un ajustement précis, mais elle entraîne mécaniquement un délai supplémentaire.
Selon l'organisation du marbrier, la matière et le projet, il faut facilement prévoir deux à quatre semaines entre la pose des meubles et celle du plan de travail : prise de mesures et organisation de l'intervention, puis fabrication avant la pose définitive.
Pendant cette période, la cuisine peut rester partiellement inutilisable.
Chez DaVinci, nous cherchons à supprimer cette attente dès la conception
Sur de nombreux projets DaVinci, nous adoptons une autre logique.
Nos principes constructifs, notamment l'utilisation de crédences avancées et d'habillages muraux intégrés à la conception, nous permettent fréquemment de commander plans de travail, crédences et agencements simultanément.
L'ensemble peut alors arriver dans le même calendrier de pose.
L'objectif n'est surtout pas de gagner du temps en acceptant des approximations.
C'est l'inverse : les détails permettant l'ajustement final sont pensés en amont afin d'obtenir une finition précise sans devoir improviser des reprises sur le chantier.
Sur les projets où cette méthode est adaptée, elle permet de supprimer une grande partie des deux à quatre semaines qui séparent traditionnellement la pose des meubles de celle de la marbrerie.
Le traitement du plan de travail est d'ailleurs un bon exemple de la différence entre acheter des éléments séparément et concevoir une cuisine design haut de gamme à Annecy comme un ensemble technique cohérent.
Concevoir tôt ne signifie pas tout commander tôt
C'est probablement le point le plus important.
On confond trop souvent trois décisions :
commencer à réfléchir au projet ;
figer le projet ;
commander le projet.
Elles n'ont aucune raison d'avoir lieu au même moment.
Il peut être extrêmement pertinent de commencer à étudier une cuisine un an avant sa réalisation, parce que ses volumes influencent le bâtiment.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il faut commander la cuisine un an à l'avance.
Cette distinction devient encore plus importante lorsqu'on élargit la réflexion au séjour, à la salle à manger, à l'entrée ou au cellier.
Même si tous ces agencements ne sont pas réalisés dans la même phase, les concevoir ensemble permet de préserver les bonnes perspectives, les bonnes circulations et les bons volumes.
Une cuisine déjà installée devient au contraire une contrainte fixe autour de laquelle il faudra ensuite composer.
C'est pourquoi nous préférons souvent étudier globalement, puis séquencer la réalisation, plutôt que concevoir chaque espace uniquement au moment où son budget ou son chantier devient disponible.
Cette continuité entre cuisine et pièce de vie est précisément ce qui permet à un projet de living et d'agencement intérieur de prolonger réellement l'architecture de la cuisine plutôt que de venir simplement s'y ajouter.
Alors, quand faut-il commencer son projet de cuisine ?
Le meilleur repère n'est pas le délai du fabricant.
C'est la première décision concernant le logement que la cuisine pourrait influencer.
Dans un projet neuf, cela peut être très tôt : parfois dès les premiers plans et en tout cas avant que les implantations techniques, cloisons et volumes ne deviennent difficiles à modifier.
Dans une rénovation, la réflexion peut idéalement commencer avant la démolition, lorsque plusieurs scénarios d'organisation sont encore possibles.
Et lorsque le chantier est déjà engagé, il faut travailler à rebours depuis la date souhaitée de mise en service, en identifiant les décisions qui peuvent encore être optimisées et celles qui sont désormais contraintes.
Le paradoxe est assez simple :
plus on commence tôt, moins on est obligé de décider vite.
On peut prendre le temps de comparer les implantations, questionner certaines habitudes, tester des usages et faire évoluer le projet.
Puis, lorsque vient le moment de commander, les décisions sont beaucoup plus solides.
Un bon calendrier ne cherche pas seulement à poser la cuisine à temps
Il cherche à éviter deux écueils opposés.
Le premier consiste à commencer trop tard et à devoir prendre en urgence des décisions qui engageront pourtant l'organisation du logement pendant des années.
Le second consiste à commander trop tôt, avant que le chantier permette de garantir les dimensions nécessaires à une réalisation précise.
Entre les deux se trouve le bon rythme : concevoir suffisamment tôt, laisser mûrir les décisions, coordonner les travaux puis lancer la fabrication au moment où les incertitudes sont maîtrisées.
C'est finalement cela, planifier correctement une cuisine haut de gamme.
Vous disposez déjà de plans, d'une date prévisionnelle de remise des clés ou d'un calendrier de rénovation ? Apportez-les au showroom DaVinci à Annecy. Nous pourrons identifier ce qui mérite d'être décidé immédiatement, ce qui peut encore évoluer et à quel moment lancer chaque étape du projet.




