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Cuisiniste, agenceur ou architecte d’intérieur : qui choisir selon votre projet ?

Cuisiniste, agenceur ou architecte d’intérieur : des métiers différents, pas des concurrents

Faut-il confier son projet à un cuisiniste, un agenceur ou un architecte d’intérieur ?

La réponse dépend d’abord de ce que l’on cherche réellement à concevoir.

Si le projet concerne essentiellement l’ergonomie d’une cuisine, ses rangements, ses équipements et sa réalisation, un cuisiniste spécialisé peut être parfaitement adapté.

Si la réflexion porte sur la redistribution d’un intérieur, les circulations, les perspectives, les volumes, la lumière et la relation entre plusieurs pièces, l’architecte d’intérieur apporte une vision plus globale.

Et lorsqu’il faut fabriquer une bibliothèque aux dimensions inhabituelles, habiller un mur irrégulier ou produire une pièce totalement spécifique, le savoir-faire d’un agenceur peut devenir extrêmement précieux.

Dans un projet complexe, chercher lequel de ces professionnels serait « le meilleur » revient donc souvent à poser la mauvaise question.

Le projet le plus intelligent est généralement celui qui réussit à mobiliser les compétences de chacun là où elles apportent le plus de valeur.

Quel est le rôle d’un architecte ?

Il faut déjà distinguer l’architecte de l’architecte d’intérieur.

L’architecte habilité à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre intervient à l’échelle du bâtiment. Dans un projet de maison, son regard porte notamment sur l’implantation, la volumétrie générale, les façades, le rapport au terrain, la structure et plus largement la conception architecturale du bâti.

Son échelle de réflexion est donc naturellement très large.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un architecte ne puisse pas dessiner une cuisine ou réfléchir à l’intérieur d'une maison. Beaucoup le font très bien.

Mais plus on descend dans le détail d’une zone technique, plus d’autres expertises deviennent utiles.

La position d’un four, l’organisation d’un garde-manger, le nombre de casseroliers, le fonctionnement d’une hotte, l’intégration d’un réfrigérateur, les hauteurs de travail ou l’enchaînement entre stockage, lavage, préparation et cuisson demandent une connaissance très spécialisée de l’usage quotidien de la cuisine.

L’architecture du bâtiment et l’ergonomie d’un agencement se rencontrent donc sur le même projet, mais elles ne constituent pas le même métier.

Quel est le rôle d’un architecte d’intérieur ?

L’architecte d’intérieur descend d’une échelle et s’intéresse directement à la manière d’habiter les volumes.

Il travaille notamment les circulations, les proportions, les perspectives, les rapports entre les pièces, la lumière, les matières et les usages.

Sur une rénovation, son intervention peut être déterminante.

Déplacer une cuisine, ouvrir ou fermer une circulation, inverser séjour et salle à manger, repositionner une entrée ou redistribuer les fonctions d’un étage peut complètement transformer la qualité d’un logement.

Son rôle consiste avant tout à concevoir l’espace.

En revanche, l’architecte d’intérieur ne fabrique généralement pas lui-même la cuisine, la bibliothèque, le dressing ou le meuble TV qu’il a imaginés.

Ces éléments devront ensuite être étudiés dans le détail, techniquement développés, fabriqués et installés par les entreprises capables de les réaliser : cuisiniste, agenceur, menuisier, marbrier ou autres entreprises spécialisées.

C’est précisément à cette interface que la collaboration devient intéressante.

Quel est le rôle d’un cuisiniste ?

Le terme « cuisiniste » peut recouvrir des réalités extrêmement différentes.

Il peut désigner un distributeur travaillant principalement à partir de compositions prédéfinies comme un concepteur disposant d’une véritable culture architecturale et d’une expertise technique poussée.

Son domaine de compétence spécifique reste néanmoins particulièrement précieux : l’agencement et l’ergonomie des zones techniques de la cuisine.

Une cuisine ne se résume pas à placer des rectangles sur un plan.

Il faut comprendre qui cuisine, comment, avec quels équipements, où seront stockées les provisions, où l’on pose les courses en rentrant, comment deux personnes peuvent travailler simultanément, comment passent les réseaux, où s’ouvre le lave-vaisselle ou encore quelle distance sépare les différentes fonctions.

Ces détails peuvent sembler très éloignés des grands partis pris architecturaux.

Ils déterminent pourtant la qualité d’usage du projet pendant parfois plusieurs décennies.

C’est notamment ce qui distingue un beau dessin d’une cuisine réellement bien conçue. Nous avons consacré un article aux différents éléments qui permettent d’identifier ce qui fait réellement la qualité d’une cuisine haut de gamme.

Et l’agenceur ?

L’agenceur dispose encore d’une autre force : la capacité à transformer une demande spécifique en un ouvrage réalisable.

Mobilier intégré, bibliothèque, habillage mural, niche, banquette, meuble sous pente, raccord sur un mur irrégulier ou pièce unique : sa liberté de fabrication permet de répondre à des situations pour lesquelles un système de mobilier industrialisé peut atteindre ses limites.

Selon les entreprises, l’agenceur peut également participer fortement à la conception du projet.

Mais dans notre expérience, lorsque la problématique dépasse le meuble lui-même et concerne les grands flux, la relation entre plusieurs espaces ou la composition générale de l’intérieur, nous préférons que cette réflexion architecturale soit conduite en amont avec un architecte d’intérieur ou un autre concepteur compétent.

L’agenceur peut ensuite apporter énormément au projet en le traduisant techniquement et en développant des solutions que peu de systèmes standardisés permettraient de réaliser.

Il ne s’agit donc pas de sous-estimer son rôle.

Bien au contraire : il s’agit de l’utiliser précisément là où son savoir-faire devient irremplaçable.

Pourquoi opposer ces métiers conduit souvent à appauvrir le projet

Un projet d’aménagement réussi ressemble davantage à un travail d’équipe qu’à une compétition entre professions.

L’architecte peut apporter une lecture exceptionnelle du site et du bâti.

L’architecte d’intérieur peut améliorer radicalement l’habitabilité, les volumes et les circulations.

Le cuisiniste peut détecter dans une implantation des problèmes d’usage qui resteraient invisibles à une autre échelle.

L’agenceur peut rendre possible un détail ou une pièce spécifique qu’aucun système existant ne permettrait de réaliser correctement.

Le problème apparaît lorsque l’un des intervenants considère que son expertise rend les autres inutiles.

Un architecte qui figerait toute la cuisine sans laisser de place au spécialiste peut passer à côté d’une amélioration ergonomique importante.

À l’inverse, un cuisiniste qui raisonnerait uniquement en nombre de meubles et en optimisation de rangement pourrait proposer une excellente cuisine qui déséquilibre complètement la pièce de vie.

L’enjeu n’est pas de savoir qui a raison. Il est de créer les conditions pour que chaque regard améliore le projet.

Faire intervenir le spécialiste de la cuisine suffisamment tôt

Cette complémentarité suppose néanmoins d’organiser les interventions au bon moment.

Faire entrer le cuisiniste une fois l’ensemble des volumes figés limite fortement sa capacité à enrichir le projet.

Un décalage de cloison de quelques dizaines de centimètres, une porte déplacée, une circulation revue ou une fonction transférée vers un cellier peuvent parfois modifier profondément la qualité d’une implantation.

Lorsque ces décisions sont prises suffisamment tôt, l’expertise cuisine peut nourrir la réflexion architecturale.

Lorsqu’elles arrivent après les travaux, il faut simplement composer avec ce qui reste.

Cela ne veut pas dire que la cuisine doit dicter l’architecture de toute la maison.

Cela signifie que les usages très précis d’une zone technique doivent être pris en compte avant que les grandes décisions ne deviennent irréversibles.

Chez DaVinci, nous aimons challenger les plans des architectes

Nous travaillons régulièrement à partir de projets déjà dessinés par des architectes ou des architectes d’intérieur.

Notre objectif n’est pas de refaire leur travail.

Il consiste au contraire à ajouter notre niveau de lecture.

Nous pouvons par exemple questionner la position d’un îlot, détecter une circulation trop contrainte, proposer un autre rapport entre stockage et préparation, modifier la position d’un appareil ou montrer qu’une implantation différente améliore simultanément la cuisine et la pièce de vie.

Certaines propositions sont retenues.

D’autres non.

Et c’est très bien ainsi.

Une véritable collaboration ne consiste pas à défendre son dessin jusqu’à la mort. Elle consiste à confronter plusieurs expertises pour vérifier que la solution finale est meilleure que chacune des solutions prises isolément.

C’est aussi pour cette raison que nous apprécions particulièrement les projets menés avec des architectes d’intérieur ouverts à cet échange.

Ils apportent leur vision générale de l’habitabilité et de l’espace ; nous apportons notre lecture très spécialisée de la cuisine et de l’agencement.

Le client récupère le meilleur des deux.

Modulnova ou agenceur : là encore, les forces sont différentes

La même logique s’applique au moment de la réalisation.

Pourquoi utiliser un fabricant comme Modulnova plutôt que de tout faire fabriquer par un agenceur ?

Et inversement : pourquoi faire appel ponctuellement à un agenceur lorsque l’on dispose d’un fabricant très performant ?

Parce que leurs forces ne sont pas les mêmes.

Une entreprise industrielle spécialisée dans l’aménagement dispose de capacités importantes de recherche et développement, de mise au point de systèmes, de travail sur les mécanismes, les matériaux, les détails constructifs et la reproductibilité des finitions.

Elle peut consacrer des moyens considérables au développement d’une porte, d’un profil, d’un système d’ouverture ou d’une combinaison de matières.

Un artisan ou un agenceur dispose d’un autre avantage : sa liberté.

Il peut fabriquer une pièce unique, résoudre une géométrie très particulière, reprendre un mur irrégulier, produire une section inhabituelle ou inventer un détail spécifiquement pour un chantier.

Il serait donc absurde de vouloir déterminer lequel est « meilleur ».

La bonne question est encore une fois : de quelle compétence ce détail du projet a-t-il besoin ?

C’est exactement la logique que nous appliquons lorsque nous cherchons à associer précision industrielle et artisanat local dans un même aménagement.

Pourquoi DaVinci ne cherche pas à tout faire

Nous réalisons une grande partie de nos cuisines, livings, rangements et autres agencements avec Modulnova.

Ce choix nous donne accès à un langage de matières, de lignes et de solutions techniques qui peut se prolonger entre plusieurs espaces.

Une cuisine peut ainsi dialoguer avec un meuble TV, une bibliothèque ou un habillage mural sans donner l’impression que chaque pièce a été pensée séparément. C’est notamment le principe recherché dans nos projets de continuité entre cuisine et living.

Mais nous ne cherchons pas pour autant à faire entrer chaque élément du projet dans Modulnova.

Ce serait confondre cohérence et uniformité.

Lorsque certains ouvrages sont mieux réalisés par un agenceur ou un artisan spécialisé, nous préférons travailler avec eux.

DaVinci conserve alors la vision générale du projet, les lignes, les matières et les interfaces, tandis que le professionnel concerné apporte son propre savoir-faire de fabrication.

Cette manière de travailler nous paraît plus saine que de prétendre exceller dans tous les métiers.

Un projet haut de gamme n’a pas besoin d’un intervenant qui sait supposément tout faire. Il a besoin que chaque chose soit faite par la bonne personne, sans perdre la cohérence d’ensemble.

Alors, qui choisir selon votre projet ?

Si vous remplacez une cuisine dans un espace dont les volumes fonctionnent déjà très bien, un bon concepteur-cuisiniste peut parfaitement piloter la réflexion.

Si vous rénovez toute une pièce de vie et que les positions de la cuisine, de la salle à manger ou du salon peuvent être remises en cause, une réflexion d’architecture intérieure devient beaucoup plus pertinente.

Si vous construisez ou transformez profondément un bâtiment, l’architecte intervient à une autre échelle et doit pouvoir dialoguer très tôt avec les spécialistes qui développeront ensuite les espaces techniques.

Si vous avez besoin d’une bibliothèque totalement particulière, d’un meuble complexe sous rampant ou d’un habillage impossible à réaliser avec un système existant, l’agenceur peut devenir la meilleure réponse.

Et dans de nombreux projets ambitieux, la meilleure solution n’est justement pas de choisir une seule de ces réponses.

C’est de les combiner.

Avant de choisir votre interlocuteur, posez-vous plutôt ces questions

Avant de demander « qui doit faire mon projet ? », commencez par définir son périmètre.

La cuisine doit-elle simplement être remplacée ou son implantation peut-elle évoluer ?

Les cloisons sont-elles figées ?

La salle à manger et le séjour fonctionnent-ils déjà correctement ?

Le projet porte-t-il sur une seule pièce ou sur tout un niveau ?

Certains meubles doivent-ils être totalement uniques ?

Qui travaille les grands volumes et les circulations ?

Qui vérifie ensuite l’ergonomie détaillée de la cuisine ?

Qui transforme les intentions en plans techniques réalisables ?

Qui fabrique chaque élément ?

Et surtout : les différents intervenants acceptent-ils réellement de travailler ensemble ?

Cette dernière question est probablement l’une des plus importantes.

Le vrai projet commence lorsqu’on change d’échelle

On peut regarder un projet de très loin :

le terrain, le bâtiment, ses orientations et ses volumes.

Puis se rapprocher :

les pièces, les circulations et les perspectives.

Encore un peu :

la cuisine, le living, les rangements et leurs relations.

Puis enfin entrer dans le détail :

le tiroir, la charnière, la prise, le chant d’un plan de travail ou le raccord entre deux matières.

Aucun métier n’a nécessairement vocation à être le meilleur sur chacune de ces échelles.

C’est pourquoi nous pensons qu’un projet réussi ne se construit pas en mettant architecte, architecte d’intérieur, cuisiniste et agenceur en concurrence.

Il se construit en faisant dialoguer leurs compétences.

C’est souvent à cet endroit précis que le projet cesse d’être une juxtaposition de bonnes idées pour devenir un véritable intérieur cohérent.

Vous hésitez sur le périmètre de votre projet ?

Vous avez déjà des plans d’architecte ou d’architecte d’intérieur ? Apportez-les.

Vous partez simplement d’une envie de nouvelle cuisine ? Apportez également le plan complet de la pièce — voire du niveau.

Un premier échange dans notre showroom DaVinci à Annecy permet d’identifier rapidement jusqu’où la réflexion mérite d’être menée et quelles expertises doivent intervenir.

L’objectif n’est pas nécessairement que DaVinci réalise tout.

Il est d’abord de s’assurer que tout ce qui sera réalisé participe au même projet.

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